... Le groupe se préparait tranquillement pour le départ. On devait se rendre au village caché Xelph pour réparer le Seeker, le bateau d’Ashura, et s’entrainer pendant les trois jours qui nous restait avant de partir se battre et récupérer la princesse. Aussitôt ayant repris du poil de bête, Hugh répara les véhicules. Ça ne dut pas être évident avec le mini griffon psychique de Darya dans les pattes, mais il remit facilement le 4X4 et les deux guêpes en état de rouler et on put se mettre en route. Je monta avec Hugh sur sa guêpe, j’étais déjà habituée de voyager avec lui et d’une autre façon, sa présence me faisait du bien. Akiko monta avec Shin sur l’autre guêpe. Pauvre fille. Paix à son âme… Mais aussi imprévisible que je l’aurais cru, elle adorait les sensations fortes. Aussitôt près, on se mit en route dans le désert jusqu’à atteindre le désert de sable blanc, territoire des dragons de sable. Si on avait le malheur de ralentir ou s’arrêter, on aurait été avalé dans ce sable qui était aussi fluide que de l’eau, ou bien dévoré par les dragons qui surgissaient parfois derrière nous. Je hais les dragons! C’est trop gros!
Après une longue route, on atteignit enfin notre destination. La Xelph qui nous guidait nous arrêta dans un endroit désert, totalement vide du moindre signe de vie… Hem… et il était ou le village? Selon elle, nous étions directement devant. C’était pas difficile de comprendre qu’il devait surement être dissimulé comme celui de Darya par des Mind tricks. Touché! Quelques minutes plus tard, le village se révéla devant nous. Un typique village xelph avec ses habitants trop happy joy joy pour leur propre bien. C’était splendide comme endroit, mais chose étrange, ici, l’eau coulait à flot, il y avait même plusieurs fontaines un peu partout… mmm… mind tricks… On reçut la permission d’aller où on voulait, mais excepter dans le grand temple des anciens. Aucun problème pour moi. Pas question de m’approcher d’un de ces Xelph ultras puissants qui pouvaient presque réduire le monde en poussière avec de simples mind tricks. Les Xelphs nous offrirent une grande salle commune pour gîte, et chacun voulut commencer quasi tout de suite leur entraînement. Plus loin du village, il y avait une petite montagne de roche, c’est à cet endroit que leur training aurait lieu. Je les regarda partir en leur souhaitant bonne chance et en avertissant Hugh de ne pas se faire tuer si possible.
De mon côté, j’étais restée dans le village. Je n’avais ni le cœur, ni l’esprit à me battre ou à m’entrainer. Mais comme c’est ce qu’on attendait de moi, je m’y plia de mauvaises volontés. C’était Shura qui était sensée me prendre en charge, je la trouva dans le village assise près d’un petit étang. J’alla m’assoir près d’elle, attendant de recevoir mes ordres, mais comme un silence lourd et pesant s’installait, je finis par lui demander ce qu’elle attendait de moi. Elle sembla vouloir me faire comprendre un truc par signe, mais comme je ne pigeais pas, elle s’exaspéra et finis par l’écrire sur le sol devant moi. En lisant, j’eus une envie indescriptible de partir et tout laisser tomber. Politesse. Elle se fichait de moi ou quoi? Encore ça? J’eus droit à un sermon sur l’importance de la politesse et bla bla bla… Je n’en croyais pas mes oreilles, cette femme s’était montrée 20 000 fois plus grossière avec moi et c’est moi qui devais m’excuser. Ha et puis merde, je n’en avais rien à cirer, que je sois dans le tort ou non, ça n’avait jamais d’importance de toute façon. Je m’excusa plusieurs fois, mais Shura ne sembla pas convaincue. Puis elle eut même le culot de me faire du chantage en me disant que son maître n’accepterait jamais d’entrainer quelqu’un comme moi, si j’étais aussi impolie et bla bla bla… Je perdais mon temps ici. Tant qu’à me faire manipuler ou chanter de cette manière, je préférais me débrouiller toute seule, quitte à manquer ma chance d’en savoir plus sur son maitre ou sur la maitrise du vent. J’en avais assez de toujours devoir me battre ou m’engueuler juste pour avoir la moindre bribe d’info. Je n’avais plus la force, ni l’énergie pour ça. Si c’était pour être ainsi, je préférais apprendre et trouver seule. Je voulus partir, Shura me faisait perdre mon temps et le sien, mais elle m’arrêta en piquant ma curiosité en parlant de son maitre et du vent. Je continua à l’écouter, mais en discutant, elle finit par constater une chose en me posant une question, même si elle savait déjà la réponse. « T’as jamais eu de maître hein? » Me frapper aurait moins fait mal. Honteuse, j’avais baissé la tête, comme si j’avais commis une faute, comme si le fait d’avoir toujours été seule était une source de honte. Ce n’était pas de ma faute, mais pourtant… Mon silence servit amplement de réponse à Shura. Elle changea le sujet et me demanda ensuite un tas d’autres questions difficiles. Pourquoi je me battais? Pourquoi je voulais m’entrainer? Pour quelle raison je levais les armes? Pourquoi? Pourquoi? Pourquoi… …… Je ne savais plus… Shura me demanda alors de me pencher au-dessus de l’eau et de lui dire ce que je voyais. Je savais ou elle voulait en venir, mais c’était trop me demander pour le moment. Je feignis de ne voir que mon reflet. Shura voulait que je voie au-delà, que je trouve la raison qui me faisait avancer, celle qui mettait le feu dans le cœur d’un guerrier, la raison qui poussait quelqu’un à se battre et à se surpasser. La raison qui poussait quelqu’un à vouloir devenir plus fort. Je savais ce qu’elle attendait de moi, mais ces réponses je les savais déjà… sauf que je n’étais plus certaine de leur valeur.
Honnêtement, plus elle cherchait à savoir et moins je le savais moi-même. Je n’avais pas de réponse, je n’en avais plus. Ce qui était arrivé avec Jester, Shin et les autres avait profondément ébranlé mes convictions et ma confiance. Mon état dépressif actuel était le résultat de cette confusion qui me dévorait l’esprit. Pourquoi je me battais?... Avant c’était pour me donner de la valeur aux yeux de mon père, me faire aimer de lui… Cette raison était morte après qu’il m’eut trahie et bannie. La seule chose qui avait alimenté le feu en moi par la suite était toute simple… Je voulais juste protéger ceux que j’aimais. Je me battais pour protéger ceux en qui j’avais donné toute ma confiance et mon respect. Mais… ce qui s’était passé sur le bateau avait détruit cette seule et dernière base qui me restait. Ce que j’avais cru être bien s’était avéré mal. J’avais cru bien faire et on m’avait dit que c’était mal. J’avais voulu sauver, protéger, et on m’avait dit que c’était mal. On m’avait blessée, trahit la confiance fragile que j’avais risquée à donner. On m’avait fait comprendre que mes sentiments, mes opinions, mes choix, mes décisions n’avaient pas d’importance face à ceux des autres. Chaque fois que je croyais faire le bien, je ne causais que le contraire. Je ne voyais pas non plus d’avenir devant moi, juste un vaste néant de vide sans le moindre espoir. À force de perdre, de me faire insulter, tous ces sarcasmes, ces moqueries, commentaires, critiques, etc. J’avais fini par y croire. J’avais finalement compris et accepté qu’il était inutile de combattre son propre destin. Tout le monde croyait que j’étais déprimée, non, en fait j’avais rendu les armes, je m’étais résignée…
Shura me força à fixer cette foutue flaque d’eau pendant des heures, elle voulait s’en doute me faire avouer toutes ces choses, mais je ne dis rien. Quelle importance ça aurait pu avoir? Regarder mon reflet, dire ce que voyais, trouvé la raison qui allume le feu du cœur… C’était peine perdue… Je n’arrivais même pas à regarder mon propre reflet sans le détester. Shura n’était pas celle qui serait capable de réparer les dommages. Shura me demanda alors si j’avais faim. Mon estomac hurlait famine, mais je n’avais pas du tout faim, je lui répondis juste de ne pas s’occuper de ça. Je continua obstinée, à fixer l’eau pendant un long moment quand Shura s’éloigna et revint avec de la nourriture et me la donna. Son geste me surprit un peu, ce n’était pas le genre d’attention à laquelle je m’attendais. Je mangea à peine sans grand appétit. Vers la fin de la journée, Hugh revint au village avec Ashura. Les deux étaient dans un état épouvantable. Seigneur. What in the world?! Hugh disait que c’était lui qui avait fait ça durant l’entrainement, mais qu’il ne s’en souvenait pas du tout. Autant de puissance… C’était son glyphe. Ce truc m’inquiétait beaucoup, et j’avais peur pour Hugh. J’espérais juste qu’il ne s’en servirait jamais. Voyant Ashura dans un état aussi massacré, je proposa de la soigner. Shura disait qu’on pouvait juste la laisser comme ça, elle se régénérerait durant la nuit. Je pouvais la laisser dans un état pareil quand même. Je sortis mes trucs de soins et les lança à Hugh et les deux retournèrent à la tente commune. Shura s’amusa en me disant qu’en fait je tenais vraiment à Ashura. Je démentis rapidement, mais j’étais nul pour mentir. Comme Shura me poussait sans arrêt, je finis par avouer que je ne détestais pas Ashura… J’avais juste peur d’elle. Mais je n’avoua jamais que c’était parce qu’elle me faisait rappelait mon père. Shura s’en amusa sur mon dos, disant que j’avais de la compassion. Je feignis le contraire, mettant ça sur le dos de la responsabilité. De la compassion hein?... j’en avais toujours eu… peut-être trop… mais personne ne la voyait jamais…
La journée touchait à sa fin quand je finis par en avoir assez de tout ça. Shura refusait de m’entrainer tant que je ne lui aurais pas dit ce que je voyais dans cette maudite flaque d’eau. Épuisée, j’en avais assez, c’était une perte de temps pour elle comme pour moi et je laissa tomber. Ça m’était égal de rester comme je suis et de ne pas devenir plus forte, de toute manière, je n’y croyais plus. Je retourna dans la tente, m’assoyant dans un coin, à l’écart des autres pour réfléchir. Hugh vint me voir. Il devait surement se faire du souci, ça ne me ressemblait pas du tout de me trouver dans état pareil. Il chercha à me remonter le moral, cherchant à apporter des réponses à certaines questions qui me tourmentaient. Il avait toujours eu le don de me retrouver chaque fois que je me perdais. Je prenais les choses beaucoup trop durement sérieusement et il le savait. Mais Hugh croyait que je déprimais dû à une autre défaite comme ça m’arrivait chaque fois. Ce n’était pas du tout le cas, mais je ne voulais pas qu’il se face du souci et ne lui dit pas les véritables raisons. J’aurais aimé les lui dire, mais c’était mon poids. Hugh n’avait jamais été un idiot, il savait qu’une chose me rongeait et que j’encaissais seule comme d’habitude. Il essaya de me remonter le moral un peu. Il eut même l’audace de me serrer dans ses bras, mais je ne dis rien. Je n’étais pas habituée à recevoir de l’affection, mais j’en avais terriblement besoin.
Après le retour de tous les membres du groupe, on mangea, dormis et l’entrainement repris de plus belle. Je regarda les autres partirent sur la montagne, mais je resta dans la tente. Je ne retourna pas voir Shura, pour moi j’étais une cause perdue et Shura n’aurait que perdu son temps. Je resta seule une bonne partie de la journée, assise dans un coin à chercher des réponses aux questions qui me tourmentaient quand un truc roula jusqu'à mes pieds. Je releva les yeux. Un rouleau parchemin? La voix de Shura devant moi me dit que son maître s’appelait River, elle serait difficile à trouver étant donner qu’elle voyageait beaucoup. …???... Hein? Pourquoi me disait-elle ça? Elle me dit ensuite que je devais vaincre Zu Zhen d’abord et ensuite j’aurais le droit d’ouvrir le parchemin et rencontrer River. Je n’étais pas convaincue, répondant que Zu Zhen m’avait déjà botté le derrière facilement, je n’avais aucune chance contre lui. Shura n’en était pas convaincue, elle disait que j’avais un talent naturel exceptionnel. Que j’avais appris seule à utiliser le vent était impressionnant… pfff… j’étais quand même nulle. Shura me parlait calmement, sans cette sécheresse que j’avais l’habitude de subir sans arrêt, et je dois avouer que ça m’avait troublée qu’on s’adresse à moi de cette manière, sans crier, sans agressivité, sans blâme… … c’était franchement pas normal. Sans même que je le demande, elle commença à m’expliquer ce qui n’allait pas avec mon vent. Elle expliqua que le vent ne pouvait pas être créé, il était une entité à lui seul qui se trouvait toujours autour de nous. Shura était capable de faire des choses extraordinaires avec le vent parce qu’elle travaillait avec lui dans une forme de symbiose. Elle n’avait donc pas besoin d’armes. Je devais apprendre à remplacer la force par la grâce. Avec mes éventails, je forçais le vent à obéir à mes gestes, à prendre une direction. Je devais donc apprendre à sentir le vent. Dans ses explications, une chose de clair me sauta aux yeux, Shura avait raison. Mais comment j’étais sensée savoir comment réclamer son aide sans le forcer? Selon Shura ce n’était qu’une question de symbiose, ne faire qu’un avec lui, le comprendre, le connaitre. Si j’arrivais à le comprendre alors rien n’était impossible. J’écouta tout avec beaucoup d’intérêt. Le vent avait toujours été autour de moi, c’était mon allié le plus loyal. Je ne voulais pas apprendre à me battre avec lui, mais juste apprendre à vivre avec lui, puisque le vent était aussi une partie de moi. Shura m’expliqua qu’avant d’entreprendre quoi que ce soit, je devais être aveugle, je devais apprendre à sentir le vent, mais avec les autres sens que la vue, pour cela, Sao savait déjà et elle serait la meilleure pour m’apprendre.
Après cette discussion, avant que Shura ne quitte, je lui demanda pourquoi, pourquoi m’avait-elle accepter de me dire tout cela? Je n’eus pas de véritable réponse, mais j’étais reconnaissante qu’elle l’ait faite. Je la remercia avant qu’elle parte et j’alla trouver Sao. Je lui demanda une faveur, ce qui l’a laissa perplexe. Pourquoi tout le monde reste béa chaque fois que je demande un truc?! Je lui demanda de me montrer à sentir le vent, puisqu’elle y arrivait, et réussissait même à le faire bouger sans armes. Sao ne comprenait pas trop ma demande puisque c’était sensé être moi la spécialiste du vent. Mais je devais utiliser mes armes pour le bouger, je voulais qu’elle me montre comment sans les utiliser. Sao parut traumatisée en apprenant que je me servais d’éventail, elle avait toujours cru que je bougeais le vent naturellement comme elle. Hein?! Elle se fichait de moi?! Elle n’était pas au courant que je me battais avec des éventails?!?! Aveugle ou pas, j’en revenais juste pas! Mais éventails son presque une extension de moi. Mais surprise à part, j’avais besoin qu’elle me montre à bouger le vent sans eux et elle accepta. Pour que ça fonctionne mieux, elle me banda les yeux et me traina dans la ville. Puis on s’arrêta dans un endroit X et elle me demanda de me concentrer et sentir le vent, je pouvais le sentir, tous autour, glisser sur ma peau comme le courant d’une rivière, c’était très agréable. Sao me demanda à plusieurs reprise si je le sentais, oui. Mais ça n’avait rien de différent à d’habitude. Puis au bout d’un long moment, elle retira mon bandeau et je resta stupéfaite. Nous étions dans une pièce close! C… Comment c’était possible, il n’y aurait pas du y avoir de vent ici?! Presque aussitôt, la sensation de brise disparut. Sao m’expliqua que j’avais perdu ma concentration. Je réessaya et je le sentis à nouveau, c’était étrange, mais peu importe. Sao voulue me montrer à juste le faire bouger, mais chaque fois que j’essayais… rien… mmm… j’aurais surement besoin de beaucoup d’entrainement.
Durant les deux jours suivants qui nous resta, je ne lâcha pas l’entrainement, j’étais décidée à apprendre. Même si je n’étais pas encore capable de grand-chose, j’avais tout de même réussi à le saisir. J’ignorais comment, mais ça n’avait aucune importance. J’étais capable à certains degrés d’agripper le vent comme une étoffe et le tirer autour de vent. Ce n’était pas grand-chose, mais pour moi, c’était une victoire qui n’avait pas de prix. Les autres redescendirent de la montagne dans un état pitoyable. C’était presque comme s’ils s’étaient entretués… ce qui n’était pas loin de la vérité en fait. J’alla me laver avec les filles, aidant Darya à laver Sao qui n’aimait toujours pas se laver. Au souper ce soir-là, on savait que le départ serait bientôt. Chacun s’étaient durement entrainer, et même si moi je n’avais pas gagné en puissance du tout, j’étais satisfaite quand même, après tout, je devais tout réapprendre du début. Mais j’étais fière du petit chemin parcouru. Et puis, avec le parchemin, j’avais maintenant la certitude qu’il existait bien un maitre du vent quelques parts, j’ignorais ou elle se trouvait, mais un nom c’était un début, River. J’avais la ferme intention de la trouver un jour…
Sayako
jeudi 4 septembre 2008
Saya 56: Feeling the wind...
Publié par Anima à 12:01
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1 commentaires:
Pauvre Sayako!
J'ai vraiment l'impression qu'elle a besoin de se faire 'grounder' et peut-etre de s'ouvrir les yeux aussi.
Au moins, elle semble avoir retrouve un peu de motivation!
Hugh sera toujours la pour elle! ;op
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